LES CHATS ET LA SORCELLERIE

 

 

Le chat démoniaque

Les chats sont encore plus sinistres que les chiens, car ce sont des animaux nocturnes, associés en conséquence aux pouvoirs des ténèbres et à la mort. Dans de nombreux pays d'Europe, tout comme aux Etats-Unis, les chats noirs ont une réputation maléfique. En Angleterre, des sacs contenant des chats vivants étaient autrefois jetés dans les feux de joie pendant la nuit de Guy Fawkes (le 5 novembre) ; à Aix-en-Provence, lors de la fête annuelle de Corpus Christi, un chat mâle était enveloppé dans des langes et vénéré sur un autel spécial avant d'être brûlé.

 

Les femmes-chats

Cette idée de métamorphoses surnaturelles n'est pas propre aux sorcières du Moyen Age. Elle a sa source dans une croyance populaire très ancienne, antérieure au christianisme, selon laquelle certains individus pratiquant la sorcellerie ou la magie noire pouvaient changer de forme à volonté.

Une légende de l'île de Skye, par exemple, parle d'un homme dont la femme disparaissait chaque nuit. Soupçonneux, il la suivit discrétement un soir et la vit se transformer en un chat noir au poil luisant, qui gagna la mer dans un tamis en compagnie de sept autres félins.

Pendant des siècles des générations d'Européens se tranmirent des histoires de gens qui avaient blessé un chat, un chien ou un lièvre, et qui retrouvaient ensuite les mêmes blessures sur le corps d'une sorcière.

A Strasbourg, un homme fut attaqué dans la rue en pleine nuit par trois énormes chats. Il fut accusé par la suite d'avoir assailli trois femmes de la ville, mais parvint à prouver que leurs blessures étaient celles qu'il avait infligées aux chats en essayant de leur échapper.

 

 

Les démons familiers

On croyait également que les sorcières vivaient avec des " démons familiers ", des esprits malins ayant la forme de petits animaux qui servaient diligemment leurs noirs desseins. Des vieux chats ou des vieux chiens inoffensifs, compagnons d'une vieille femme solitaire, étaient ainsi souvent pris pour des démons capables de commettre le pires horreurs.

 En 1556, à, Hatfield Peverel, dans l'Essex, il fut prouvé que la mère Waterhouse, âgée de 54 ans, avait un chat blanc tacheté qu'elle nourrissait de pain, de lait... et de son propre sang. Elle l'avait appelé Satan et pouvait le transformer en crapaud, comme le jura sa fille Joan, âgée de 18 ans .

 Joan Flower, l'une des servantes du comte de Rutland, au château de Belvoir, fut déclarée coupable d'avoir assassiné les deux jeunes fils de son maître en leur dépêchant son chat noir, Rutterkin. Elle mourut alors qu'on l'emmenait en prison, mais ses deux filles furent dûment pendues en 1619.

Sylvain Névillon, d'Orléans, déclara en 1614, lors de son procès, que toutes les sorcières élevaient des crapauds en les nourrissant de lait et de farine.

En règle générale, toutefois, les animaux familiers furent plutôt une caractéristique de la sorcellerie anglaise, put-être à cause de l'affection particulière que les Britaniques ont toujours eue pour les animaux.