Les chats dans la littérature

 

 

Edmond Jaloux

En 1932, il écrivait dans " Le Temps " cette chronique :

" J'ai eu bien des chats dans ma vie. Aucun ne ressemblait à l'autre. Chacun avait son âme propre, son caractère, ses humeurs. Pas un que je n'aie pas vu attaché, fidèle, d'une tendresse constante et réservée. C'est au dernier que va plus familièrement mon souvenir. Quand je songe à " Padhi ", je le revois vraiment s'animer devant moi. Il me semble qu'il est présent comme au temps où il embellissait ma demeure. Il est était aussi ingénu qu'à l'aube des siècles. Son innocence était telle qu'il ne comprenait même pas la gronderie. Il se sentait imperturbable et sacré, contemporain des êtres qui vivaient avant le péché originel... Parfois, cependant, lui revenait le le viel instinct sauvage qui le faisait grimper aux arbres, mais, je le répète, il était d'avant Adam, le bruit ne l'effrayait même pas : avec un regard à la fois tendre et lointain, il contemplait ce qui se passe et qui ne reviendra pas. "

 

Pierre Loti

Dans le " Livre de la Pitié et de la Mort " il confesse :

" Dans notre ignorance de tout, dans notre impuissance à savoir, quel étonnement, et peut-être quelle terreur, il y aurait à pénétrer par les étranges fenêtres de ces yeux, jusquà l'inconnaissable de ce petit cerveau caché derrière ! "

 

François Coppée

" Et dans mon calme coin de vieux célibataire, - Toujours les chats prudents, les chats silencieux, - Promènent leur beauté, leur grâce et leur mystère. "

 

Claude Farrère

Dans " Bêtes et gens qui s'aimèrent " dit sur sa propre chatte :

" Une chatte, j'exagère ! Disons plutôt qu'elle le devint, car, dans ce premier instant qui vit les sentiers de nos deux existences s'approcher l'un de l'autre et se prolonger parallèlement, la chatte en question n'était qu'un petit, petit, tout petit chat, qu'un avorton de chaton ! ... Et bien malin qui l'eût affirmé chatte plutôt que chat, ou le contraire... "

 

Guillaume Appollinaire

" Je voudrais dans une maison - Une femme ayant sa raison - Un chat, passant parmi mes livres, - Des amis en toute saison, - Sans lesquels je ne peux pas vivre. "

 

Colette

" Je suis redevable, dit-elle, à l'espèce chat d'une certaine sorte honorable de dissimulation, d'un grand empire sur moi-même, d'une aversion caractéristique pour les sons brutaux et du besoin de me taire longuement... "

 

Jean Cocteau

" J'aime les chats, écrivit Jean Cocteau, parce que j'aime ma maison et qu'ils en deviennent, peu à peu, l'âme visible. Une sorte de silence actif émane de ces quelques fourrures qui paraissent sourdes aux ordres, aux appels, aux reproches et se meuvent avec une autorité toute royale au milieu de nos actes dont ils retiennent uniquement ce qui les intrigue ou ce qui les conforte. "

 

Gilber Ganne

Dans son ouvrage " Orgueil de la Maison " :

" J'ai souvent rêvé d'un partage du monde qui ne se ferait plus sur celui des intérêts, des patries ou des blocs, mais qui se ferait sur le chat... Car le chat ne permet pas la tièdeur. Il ne souffre aucun compromis entre l'amour et la haine, entre l'admiration et la peur .