MYTHES ET LEGENDES DANS LE MONDE

 

Nocturne et indépendant, plus lunaire que solaire le chat incarne à la fois la beauté sensuelle, l'agilité, la grâce, l'intuition, le don de voyance et la cruauté. Il est parfois perçu comme un animal bénéfique, ou au contraire comme une créature satanique.

 

Dans l'Egypte ancienne, le chat divin représenté par la déesse-chatte Bastet, était vénéré comme un bienfaiteur et un protecteur de l'umanité. Bastet représentait une version " atténuée " de la déesse à tête de lion, Sekhmet. Associée au plaisir, à l'amour et à la joie, elle protégeait les femmes enceintes.

On adorait également le chat Mau, qui tua le serpent Apophis alors que celui-ci tentait de faire chavirer la barque transportant le soleil lors de son périple nocturne. En tant qu'ennemis d'Apophis, les chats faisaient l'objet d'un culte, et on les momifiait après leur mort. On les représentait très souvent armés d'un couteau et coupant la tête du serpent souterrain.

 

Dans les pays scandinaves, le chat était l'animal sacré Freyja, déesse de l'Amour, dont le char était tiré par des félins blancs.

 

En Chine ancienne, le chat était plutôt considéré comme un animal bienfaisant, on croyait qu'il éloignait les mauvais esprits ; parfois, il signifiait aussi la misère dans un foyer.

 

De nos jours, au Cambodge, un chat est transporté de maison en maison, au cours d'une procession chantante, dans l'intention d'obtenir la pluie : chaque villageois arrose le chat dont les cris, dit-on, émeuvent Indra, dispensateur de l'ondée fécondante.

 

Dans la tradition celtique, le symbolisme du chat est beaucoup moins favorable que celui du chien ou du lynx. Il semble que l'animal ait été considéré avec quelque méfiance. Cenn Chaitt tête de chat est le surnom de l'usurpateur Cairpre qui, occupant la royauté suprême, cause la ruine de l'Irlande.

Un chat punit, dans la Navigation de Mael-Duin, un des frères de lait de de dernier qui avait voulu, dans un château désert où la troupe avait festoyé, s'emparer d'un cercle d'or. Le voleur est réduit en cendres par une flamme jaillie des yeux du petit chat, lequel retourne ensuite à ses jeux.

Le portier du roi Nuada à Tara avait également un œil chat, ce qui le gênait quand il voulait dormir, car l'oeil s'ouvrait la nuit au cri des souris ou des oiseaux.

 

Dans la tradition musulmane, le chat est au contraire plutôt favorable, sauf s'il est noir.

D'après la lègende, comme les rats incommodaient les passagers de l'Arche, Noé passa la main sur le front du lion qui éternua, projetant un couple de chats : c'est pourquoi cet animal ressemble au lion.

Le chat est doué de baraka. Un chat parfaitement noir possède des qualités magiques. On donne sa chair à manger pour être délivré de la magie ; la rate d'un chat noir, accrochée à une femme qui a les menstrues, les arrête. On se sert de son sang  pour écrire des charmes puissants.

 

Au Japon aussi, le chat est perçu comme un être malfaisant ou de mauvaise augure, capable, dit-on, de tuer les femmes et d'en revêtir la forme.

 

Dans le monde bouddhique, on reproche au chat d'avoir été le seul animal, avec le serpent, à ne s'être pas ému de la mort du Bouddha, ce qui pourrait toutefois, d'un autre point de vue, être considéré comme un signe de sagesse supérieure.

 

Dans l'Occident chrétien, au Moyen Age, ils étaient considérés comme des incarnations du Diable, et un chat noir, symbole d'obscurité et de mort, était souvent le compagnon favori des sorcières. Dans le christianisme comme dans l'islam, une croyance très répandue voulait que les chats possèdent sept vies.

 

Chez les Indiens Pawnees d'Amérique du Nord, le chat sauvage est un symbole d'adresse, de réfexion, d'ingéniosité, il est observateur, malin et pondéré, et il arrive toujours à ses fins. De ce fait, c'était un animal sacré, qui ne pouvait être tué que pour des fins relidieuses, et en observant certains rites.

 

De l'adresse et de l'ingéniosité, on passe au don de clairvoyance ; ce qui fait que nombre de sacs à médecine sont faitsde peau de chat sauvage, en Afrique centrale.

 

(Dictionnaire des des symboles - Jean Chevalier & Alain Gheerbrant)

(Le langage secret des symboles - David Fontana)